Propositions - idées générales
Texte de Nicolas - sans IA (1)
Avant-propos
Depuis maintenant plus d'un an, je tourne autour de la problématique d'organiser une ou des causeries sur le sujet de l'IA. Mais deux difficultés apparaissent, l'une tenant au fait que l'IA couvre aujourd'hui un secteur d'activité et d'application très vaste, l'autre étant l'évolution extrêmement rapide de ces techniques et sujets, rapide au point qu'en soit, cette rapidité, probablement unique dans l'histoire récente des sciences, devienne elle même un sujet de questionnement.
D'autre part, l'avènement de l'IA est totalement concomitante avec cette de la robotique, ces 2 champs entretenant une dialectique particulière, non sans rappeler celle "du corps et de l'esprit" - sujet Kantien s'il en est.
Quelques questions liminaires :
- Le sujet, l'IA, est-elle un motif de préoccupation telle qu'il faille absolument s'en saisir rapidement ?
- En quoi notre population très locale, de nos concitoyens de StEdG et alentours est-elle concernée par ce thème ?
- Que savons-nous, qui sait quelque chose de l'état de l'IA aujourd'hui, et dans le fond, est-ce nécessaire ?
1- Les motifs de préoccupations
La question est au singulier, les réponses seront plurielles.
Il me semble nécessaire d'aborder l'IA sous différents aspects, non pas liés à la technicité qu'elle représente, mais en regard ce de que nous considérons comme champs d'interrogations : (je n'ai pas pour l'instant conférer un ordre de priorité ou d'importance aux points énoncés ci-après)
- Sur le plan économique : nous sommes probablement devant la plus grande vague et révolution du monde de la production et du travail depuis la grande révolution industrielle de 18eme et 19eme siècles. Les bouleversements attendus sont d'une ampleur planétaire, touchant en tout premier lieu les zones les plus développées, mais n'en épargnant aucune.
Deux thèses s'affrontent : les tenants de la "destruction créatrice" schlumpeterienne, oxymore qui prétend que toute révolution technologique finit par créer autant voire plus d'emploi qu'elle n'en détruit. l'exemple de la disparition des charretiers au profit de l'apparition des chauffeurs (livreurs, taxi) est souvent cité ; l'autre thèse avance qu'un paramètre, que Schlumpeter(2) n'avait pas intégré dans sa théorie, est la "vitesse de déploiement" de toute révolution technique - dont la limite pour la création d'emploi serait la vitesse à laquelle une société humaine peut faire face sans que le choc la fasse s'écrouler. - Sur le plan philosophique :
vaste sujet dont les contours ne sont définissables en quelques lignes, mais qui renvoie aux fondements même de ce que nous sommes, de ce qui fait de nous des êtres pensants, sociaux, éduqués - nous nous pensions uniques par notre intelligence "la plus supérieure", nous savons maintenant que nous ne le sommes plus. Et ce, depuis seulement quelques dizaines de mois ; nous pensions alors que nous gardions pour nous la conscience, la métaphysique, la spiritualité. Nous ne le sommes plus non plus depuis quelques semaines : il semble que la problématique de la conscience soit aussi un domaine qui agite les modèles IA - avec leur corollaire des croyances.
Comment nous penser, nous repenser, face à ce que nous pensions être ? faut-il "repenser l'Homme" - ou faut-il se distancier de ces interrogations ? - Sur le plan politique et social :
C'est certainement à mes yeux l'aspect le plus pertinent par lequel nous devons analyser les mécanismes en cours, les enjeux et les batailles se déroulants sous nos yeux aveugles.
Au-delà des toutes considérations techniques, sociales, philosophiques, il se joue aujourd'hui le destin du monde de demain, aujourd'hui se mesurant en un temps très bref, de quelques mois à quelques années au plus. Il se joue devant nous la constitution de méga-empires techno-politiques où les joueurs sont américains et chinois pour le combat des chefs, le reste du monde étant la valetaille, la chair à canon de ces méga oligopoles.
La question qui reste est de savoir si nos structures sociales, démocratiques, étatiques seront résilientes face à ces puissances qui se et vont se déchaîner, déferler, sur nos sociétés.
Et pour nous, minuscules structure sociale accroché à notre rocher du Larzac, seront ici en dehors du champ de bataille voir du champs de ruine qui s'annonce ou bien seront-nous impactés fortement par les secousses de ce cataclysme annoncé ?
Serons-nous un "havre de paix et de bonheur" loin des tumultes qui ravageront les zones de production de masse, les zones urbaines en priorité, ou bien seront-nous également impactés, directement, ou indirectement par un remigration massive des zones urbaines vers les campagnes, à la "walking dead" quelques part ?
Comment nous y préparer ? - Sur plan éducatif et perceptif :
L'IA sait tout, le robot saura tout. dès lors, qu'est-ce qu'apprendre ? comment et pourquoi savoir ? que savoir ?
A quel moment, sous quelle forme, doit-on introduire l'idée d'un monde conduit par l'IA(3) - Sur le plan technique et de son usage concret.
(1) - On devrait forger, s'ils n'existent, les néologismes de signalement 'APIA' pour "Assisté par l'Intelligence Artificielle" et 'SADIA' pour "Sans assistance de l'IA") (IAA et NAIA en anglais ;)
(2) - Schlumpeter : Joseph Aloïs Schumpeter, né le à Triesch, en Moravie (Empire austro-hongrois) et mort le à Salisbury, dans le Connecticut (États-Unis), est un économiste et professeur en science politique autrichien naturalisé américain, connu pour ses théories sur les fluctuations économiques, la destruction créatrice et l'innovation.
L'innovation est à la fois source de croissance et facteur de crise. C'est ce que Schumpeter résume par la formule « destruction créatrice ». Les crises ne sont pas de simples ratés de la machine économique ; elles sont inhérentes à la logique interne du capitalisme. Elles sont salutaires et nécessaires au progrès économique. Les innovations arrivent en grappes presque toujours au creux de la vague dépressionniste, parce que la crise bouscule les positions acquises et rend possible l'exploration d'idées nouvelles et ouvre des opportunités. Au contraire, lors d'une période haute de non-crise, l'ordre économique et social bloque les initiatives, ce qui freine le flux des innovations et prépare le terrain pour une phase de récession, puis de crise.
(3) - Pour se faire une idée de la vitesse à laquelle nos enfants seront confrontés à l'IA, rappelons-nous que le portable moderne - dont la fonction téléphone est accessoire, est arrivée sur le marché en 2009, soit il y a à peine plus d'un quinzaine d'années - et tous les observateurs de l'IA et de la robotique annoncent une vitesse de déploiement, un taux d'adoption, de 10 à 50 fois plus rapide, plus élevé, pour l'IA dans nos modes de production (on estime qu'à ce jour, avril 2026, déjà 30% des postes de travail du tertiaires sont équipés ou ont recours à l'IA)
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